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Aéromodélisme Une passion commune de l'aviation À soixante ans bien sonnés, Cyril Belcourt est comme un enfant passionné d'aviation. Modéliste devenu pilote privé, il fait partie des instructeurs au Club Modèles Réduits. Comme lui, d'autres hommes ont voulu passer quasiment toute leur vie en l'air ou à faire voler les aéronefs par le truchement d'une radio-commande. Plus qu'un sport, l'aéromodélisme est une passion pour lui et ses amis, Antoine Chan, Alain Mongelard et Livio Lagane, que nous avons aussi rencontrés mardi. Durant tout l'après-midi d'aujourd'hui, le public aura l'occasion de découvrir la pratique de cette discipline qui réunira pilotes mauriciens et réunionnais. Entre les modélistes Antoine Chan, Alain Mongelard, Livio Lagane et le pilote Cyril Belcourt, c'est l'osmose la plus complète et parfaite. Entre eux, ils utilisent le même langage : crash, atterrissage, erreur de pilotage, vol circulaire... comme ils parlent aussi d'appareils grandeur nature. Mais le dénominateur commun est tout simplement la passion de l'aviation. Mardi, à St-Patrick. Dans le garage - transformé en atelier de modélistes - d'Antoine Chan, 39 ans, se réunissent des passionnés de vol radio-commandé. Ces derniers, fous d'aéronefs en miniature, s'y retrouvent parfois pour créer ensemble une nouvelle machine performante ou pour s'émerveiller d'une réussite personnelle ou collective. Un plaisir qui n'est pas réservé qu'aux enfants. "C'est une petite crainte de jeunesse de refuser de grandir", se justifie Cyril Belcourt, modéliste devenu pilote privé. En effet, la passion de cet homme, âgé de 60 ans, l'a conduit à survoler, dans un vrai avion, Grand-Baie avec des touristes. Lui, qui a fait sa carrière à la comptabilité de la Clinique Mauricienne, détient un brevet de base. "J'ai toujours aimé cette sensation de liberté. Il faut aimer l'aviation. C'est à partir de là que tout commence. Une fois qu'on y a touché, ça devient comme une drogue", nous confie avec enthousiasme le sexagénaire qui fait partie des "vétérans" de l'aéromodélisme, pratiquant cette discipline depuis plusieurs décennies (depuis 1973) au sein du Club Modèles Réduits. Un passionné hors pair qui, aujourd'hui à la retraite, poursuit sa passion en transmettant ses compétences à de nombreux amateurs d'aviation et d'aéromodélisme. "Le modélisme, c'est le plaisir de voler et de faire voler et d'atterir comme comme pour un vrai avion", explique-t-il. L'histoire de l'aéromodélisme est intimement liée à celle de l'aéronautique, avec un petit temps d'avance pour les modèles réduits qui furent utilisés autrefois afin de vérifier le fonctionnement de vrais avions. Ceci explique le fait que nos passionnés s'intéressent aussi à l'aéronautique. Au sein du Club Modèles Réduits, des anciens, dont des pilotes qui constituent une formidable manne pour le club, offrent un encadrement sérieux et une disponibilité à toute épreuve. Parmi les modélistes devenus pilotes de ligne ou privé, Percy Gardenne aujourd'hui copilote sur l'A319, Bruno D'Arifat, Christophe Chenel, Sylvain Mussard, Stéphane Noël et Frédéric Gentil. Mais il y a aussi l'inverse, les pilotes qui pratiquent l'aéromodélisme dont Pramil Banymandhub, Patrick Vives, Dan Romeno, entre autres. Sur le terrain de St-Martin, loué à bail à Médine, où évoluent les passionnés de l'aéro-modélisme, se côtoient en totale harmonie pâtissier, fabricant de piscine ou magasinier. Chez Antoine, l'aéromodélisme volant prend différentes formes. Ainsi, outre la dizaine d'avions qu'il possède, on retrouve d'autres objets volants, comme l'hélicoptère. Il en possède trois qu'il expose fièrement. Durant ses heures libres, Antoine Chan, marié et père de famille, ne se contente pas de monter des maquettes et de les peindre, mais encore les réalise par ses propres soins. "Je fabrique moi-même des modèles d'après des plans que je commande. J'y consacre beaucoup de temps", explique-t-il. Si Antoine utilise son garage pour fabriquer ses modèles, d'autres, comme Alain Mongelard ou Livio Lagane, transforment parfois leur salle à manger, le temps de la fabrication ou du montage. Quoi de plus magnifique que de concevoir, fabriquer et faire voler un avion que l'on aura réalisé du début à la fin. "On utilise l'ancienne méthode, qui consiste en la fabrication de l'avion de A à Z, aussi bien que la nouvelle, dont les modèles sont préfabriqués et qu'on fait venir d'Asie ou d'Europe. Ceux-ci sont démontables et sont équipés de radio-commande et de moteur", explique Livio Lagane, magasinier âgé de 40 ans. La réalisation d'une maquette nécessite-t-elle connaissances et habileté? "Il faut d'abord aimer le bricolage, savoir manier les outils", répond le pilote Cyril Belcourt. La plus ancienne et la plus riche en enseignements consiste à acheter un plan, les matériaux et tout construire soi-même de A jusqu'à Z ou commander un avion fini décoré prêt à recevoir l'équipement radio et le moteur. Cyril nous explique les étapes de la construction :" On prépare les pièces à partir d'un plan, ensuite on découpe les morceaux de balsa, on ajuste les pièces, on monte l'aile du fuselage (la coque), puis on polit, apporte des corrections, recouvre de plastique, nylon ou papier japon, on peint et enfin on décore". "On découvre également des astuces sur internet ou à partir des revues", renchérit Antoine. Une passion qui demande un investissement et qui parfois peut être assez onéreuse. Les considérations matérielles peuvent parfois calmer les ardeurs. À titre indicatif, "la fabrication d'un avion de début peut coûter dans les Rs 20 000 avec la radio. Quant à l'hélico, il coûte deux fois plus cher", affirme Cyril Belcourt. La variété d'avions réalisables est infinie et chaque modéliste trouve, selon ses disponibilités financières, la maquette à son goût. Il conviendrait presque d'avoir une formation en ingénierie pour réaliser ces petits engins qui allient plastique, balsa (bois très léger), mécanique et électronique, tout cela pour pouvoir voler. Pourtant "on a tout appris sur le tas, guidés par notre passion", affirme Antoine qui a atteint la grade rouge - grade supérieure. À St-Martin, où ils pratiquent le dimanche de 13h jusqu'à la tombée de la nuit, Cyril Belcourt prépare les débutants, calme l'impatience de ces passionnés parfois trop jeunes pour pratiquer le pilotage réel. "Il n'y a pas d'âge pour pratiquer ce sport. Toutefois, quelqu'un qui arrive pour la première fois n'a pas le droit de participer. Au départ, le débutant est sous la tutelle d'un instructeur. Il est hors de question pour un débutant de toucher à un avion ou à une radio-commande", affirme le pilote. L'aéromodélisme suit les mêmes principes aérodynamiques que la grosse aviation. "Le débutant doit affranchir plusieurs étapes, maîtriser la radio-commande, passer un test écrit dont le questionnaire est préparé par le comité avant de voler en solo, car la sécurité est primordiale ". Les connaissances de base peuvent durer de 3 à 6 mois. Un test prouvera s'il pourra piloter. Il doit connaître les parties d'un avion, connaître les gouvernes, l'air, les effets du vent, l'aérodynamique, la stabilité et le centrage, les préparatifs précédant le vol, virage et inclinaison, entre autres. Fort de son expérience, le pilote privé donne des conseils éclairés nécessaires pour éviter les erreurs de pilotage ou erreur mécanique, les réglages et les premiers vols. "Que ce soit un simple passe-temps ou une véritable passion, le vol radio-commandé doit toujours être pratiqué avec le maximum de soucis pour la sécurité des autres usagers et du public en général. Lorsqu'il est considéré comme un simple jouet, l'avion téléguidé peut causer des dommages importants. Ainsi, il y va de l'intérêt du Club d'inculquer aux élèves les éléments essentiels de sécurité tout en leur donnant les connaissances nécessaires pour devenir des pilotes accomplis." Qu'en est-il de l'intérêt des filles? "C'est une passion qui malheureusement n'intéresse pas encore les filles", regrette Cyril. | |
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