|
Nos
moteurs "glow" sont dotés de caractéristiques particulières qui les
différencient des autres moteurs à explosion; leur système d’allumage en
constitue évidemment une. Ce système d’allumage par bougie à
incandescence -en fait, il ne s’agit pas d’incandescence mais de pure
action catalytique- présente de gros avantages : il est très simple et
évite de devoir incorporer au modèle une série d’éléments tels que la
bobine d’allumage, des câbles et des magnétos ou encore une batterie
d’alimentation spécifique pour l’allumage. Évidemment, toute médaille a
son revers...
L'éclat d'une bougie glow doit être
semblable à celui-ci lorsqu'on connecte l'alimentation.
Limites de l’allumage par bougie glow
Pour que le rendement d’un moteur à
explosion soit maximum, la combustion (et non l’explosion) du mélange à
l’intérieur de la chambre doit se produire à un moment très précis. Dans
les moteurs à allumage par étincelle, ce moment se situe très exactement
à l’instant même où se produit l’étincelle; ce moment est déterminé par
une série de facteurs mis au point par le concepteur. Dans le cas des
moteurs à allumage par bougie glow, il est difficile de prévoir le
moment exact où se produira la combustion. En effet, celle ci dépend de
l’action catalytique de la bougie, et l’action des catalyseurs dépend
notamment de la température. Il s’agit donc d’une donnée qui varie selon
la température ambiante et la façon dont nous réglons le gicleur du
carburateur. Il est par conséquent très difficile de prévoir le moment
où se produira l’allumage.
1) La forme de la chambre de combustion
est étudiée de telle sorte que le mélange brûle sans exploser.
2) Bougie de moteur Cox. Son installation
nécessite une clé spéciale, livrée avec le moteur.
Avance et retard à l’allumage
Que se passe-t-il lorsque le mélange
s’enflamme au mauvais moment, c’est-à-dire avec un peu d’avance ou de
retard par rapport à la normale (respectivement, allumage PRÉMATURÉ et
RETARDÉ). En vertu d’une série de facteurs tels que la température, le
régime-moteur, la compression, le type de carburant, etc., à chaque
moteur correspond un moment idéal pour l’allumage. Contrairement aux
apparences, ce n’est pas lorsque le piston est en bout de course et que
le mélange est soumis à la compression maximum. Habituellement, le
mélange s’enflamme quand il manque 15-20 degrés au vilebrequin pour
atteindre la compression maximum. Quelle est la raison de cette
variation? Le mélange s’enflamme progressivement et la combustion met
quelques instants à gagner le mélange tout entier (quelques millièmes de
seconde). Si l’on veut que tout le mélange s’enflamme lorsque le piston
est en haut de sa course et, ainsi, tirer le meilleur profit possible de
l’énergie fournie, il faut que la combustion commence un peu avant.
1) Equipement complet pour l'alimentation
de la bougie : chargeur (en haut), feeder avec sa pince et élément
Ni-Cad.
2) Le serrage de la bougie doit être
suffisant pour éviter les fuites. Un serrage excessif peut abîmer la
culasse et nous obliger à réaliser un nouveau filetage.
Allumage prématuré
Si l’allumage est fortement prématuré, le mélange s’enflammera bien
avant que le piston arrive en bout de course: la force de l’explosion
est transmise à la bielle et au vilebrequin, à un moment où ceux-ci
adoptent un angle très défavorable, et s’oppose ainsi à leur giration.
Résultat: le moteur “cogne”, se met à vibrer (à cause de la transmission
des explosions) et ne fournit que peu de puissance. S’il continue à
tourner dans de telles conditions pendant un certain temps, nous sommes
pratiquement assurés d’endommager la bielle, le vilebrequin et les
roulements.
Allumage retardé
Dans le cas contraire, l’essentiel de l’explosion se produira alors que
le piston est déjà en train de redescendre. Celle-ci ne pourra pas être
exploitée de façon satisfaisante en terme d’énergie et le moteur aura
tendance non seulement à fournir peu de puissance mais aussi à
surchauffer. Dans le cas des moteurs à quatre temps, il peut alors se
produire des explosions dans l’échappement.
Certains moteurs, comme le Cox Tee-Dee
que l'on peut voir sur la photo, utilisent une bougie qui fait office de
culasse. Excellent rendement, mais les pièces de rechange sont chères.
Observez la forme hémisphérique de la chambre de combustion.
Bougies froides et chaudes
Presque tous les mordus ont déjà entendu prononcer ces qualificatifs au
sujet des bougies “glow”. Quelle en est l’origine ? La bougie se
comporte comme si son filament était plus froid ou plus chaud que celui
d’une bougie ‘‘normale”. Selon la conception de la bougie, dans laquelle
interviennent des facteurs comme l’alliage utilisé pour le filament, son
épaisseur, le nombre de spires, la forme de la chambre de combustion, le
matériau dans lequel celle-ci est fabriquée et son isolation thermique,
la présence ou l’absence de ‘’barre” dans la bougie, etc., les bougies
glow gardent plus ou moins de chaleur dans la zone où se produit leur
action catalytique. Pour simplifier, une bougie “chaude” garde puis de
chaleur et tend à avancer l’allumage. Les bougies “froides” agissent en
sens inverse. Chaque fabricant propose des bougies glow de différents
degrés thermiques. Rossi en propose une douzaine, ce qui peut rendre fou
un amateur moyen ou néophyte. Pour compliquer encore davantage la
situation, les catégories de température établies par les différents
fabricants peuvent ne pas coïncider les unes avec les autres : une
bougie “moyenne” chez un fabricant peut équivaloir à une bougie “chaude”
chez l’autre. Souhaitons que, bientôt, les critères soient uniformisés,
comme pour les bougies à étincelle !
1) Bougie à étincelle d'un ancien modèle.
Elle ne diffère de celle de notre voiture que par son petit format.
2) Bougie avec "barre" de protection du
filament, utilisée surtout sur les modèles télécommandés.
Choix des bougies glow
De façon générale, on peut retenir un certain nombre de critères pour le
choix des bougies glow. Les moteurs de cylindrée inférieure nécessitent
habituellement des bougies plus chaudes. (Pour les très petits moteurs,
on en trouve de type “court”, bien adaptées au format réduit de la
culasse). Les bougies plus froides conviennent bien aux moteurs de plus
grande cylindrée, à plus forte compression, plus rapides et à forte
concentration de nitrométhane dans le carburant utilisé. Si le moteur
est équipé d’un résonateur, il faudra opter pour une bougie plus froide
que celle utilisée avec un échappement “de détente”. Vous vous rappelez
peut-être que les échappements résonnants et le nitrométhane ont pour
effet d’augmenter la pression dans la chambre de combustion, et donc la
température, ce qui tend à avancer l’allumage : il est dès lors logique,
dans ce cas, de choisir une bougie plus froide. Les moteurs à quatre
temps nécessitent des bougies chaudes, ou d’autres spécialement conçues
pour ce type de moteurs. La raison en est que, comme il ne se produit
qu’une explosion tous les deux cycles, la bougie a tout le temps de se
refroidir.
Différents connecteurs pour
l'alimentation de la bougie : pinces de "crocodile" (gauche), connecteur
spécial et pince classique.
Comment connaître le degré thermique d’une bougie ?
Comme nous le disions, les degrés
thermiques des bougies nous sont donnés par les fabricants… qui
n’utilisent pas toujours les mêmes critères. Certains facteurs peuvent
nous laisser présager le comportement d’une bougie, comme la grosseur de
son filament et sa consommation lorsque nous la branchons à la
batterie : une bougie plus froide a, en général, un filament plus gros,
et consomme davantage. Mais ce ne sont là que des éléments
approximatifs: pour être vraiment fixés, il nous faudra faire tourner le
moteur. Si, le moteur étant bien carburé, vous devez fermer le gicleur
lorsque vous remplacez la bougie par une autre, cette dernière est plus
froide que la première.
L’achat d’une bougie
Certains moteurs sont équipés d’une
bougie d’origine. Dans l’immense majorité des cas, le fabricant aura
fait l’effort de choisir le bon type de bougie, après avoir effectué les
tests nécessaires sur un banc d’essai et sur un modèle. Quand la bougie
est usée (nous y reviendrons) et qu’il faut s’en procurer une nouvelle,
le plus raisonnable est d’acheter une bougie similaire à celle d’origine.
Très souvent, le fabricant du moteur indique dans le livret
d’instructions les bougies qui lui conviennent le mieux. Nous choisirons
l’une d’elles ou, le cas échéant, une autre de même degré thermique.
Dans la plupart des cas, si nous suivons ce conseil (et utilisons le
carburant recommandé par le fabricant), notre moteur donnera toute sa
puissance. Nous pourrons parfois expérimenter d’autres marques, jusqu’à
obtention du meilleur résultat. Il est fréquent de choisir un degré
thermique plus haut en hiver, et plus bas en été.
Feeder de bougie de haut de gamme. A
l'extrême gauche, on aperçoit un ampèremètre, très utile pour vérifier
l'état de la bougie : quand il indique 0, cela signifie que la bougie
est grillée.
Mauvais choix
Certains éléments nous laissent soupçonner que la bougie utilisée ne
convient pas à notre moteur. Il est important de les connaître car une
bougie inadéquate peut l’endommager. Les bougies excessivement froides
ont tendance à perdre trop de température. Le moteur tend à s’arrêter
lorsque nous déconnectons la batterie de bougie et il est très difficile
de le faire tourner à haut régime; il faut alors régler le carburateur
pour obtenir un mélange plus “pauvre”. Le moteur “reprend vigueur”
lorsque nous reconnectons l’alimentation à la bougie. Avec les bougies
très chaudes, le moteur tourne parfaitement au ralenti, mais a tendance
à détoner quand l’appareil est en vol, on peut entendre une sorte de
“crépitement” qui s’ajoute au bruit du moteur. Les détonations sont très
nuisibles pour celui-ci; en cas de doute, nous remplacerons la bougie
par une autre, plus froide. Les bougies trop chaudes ont tendance à
fondre facilement.
Entretien de la bougie
Certains passionnés prétendent qu’ils ne doivent jamais changer de
bougies, même sur des périodes de plusieurs mois. À ceux là, je
répondrai qu’ils ne remplacent peut-être pas les bougies, mais que leur
moteur ne tourne certainement pas comme il devrait le faire. Disons que,
dans certaines catégories de l’aéromodélisme, comme la voltige ou les
hélicoptères, par exemple, il est fréquent d’utiliser des bougies neuves
tous les deux ou trois vols, tout au plus, pour obtenir un rendement
optimal. Les bougies de nos modèles (moins sollicitées que celles de
compétition) ont, elles aussi, une durée de vie limitée. Si nous
démontons une bougie usée, nous verrons comme son filament catalytique a
perdu son éclat d’origine et est devenu mat. Parfois (s’il y a
détonation), le filament est déformé. La bougie d’un modèle standard
doit être changée tous les 15-20 vols.
Assortiment de bougies glow telles qu'on
peut les trouver dans le commerce.
" Grillage " des bougies glow
Il peut arriver qu’un moteur ait la
fâcheuse habitude de griller ses bougies les unes après les autres. La
raison réside, le plus souvent, dans l’utilisation d’une batterie
d’alimentation dont la tension est trop élevée. Rappelons-nous que les
bougies sont, le plus souvent, prévues pour une tension d’1,5 volt. Une
batterie Ni-Cd de 1,3 volt est largement suffisante; mais si nous
utilisons une source d’alimentation électronique réglable ou un élément
de batterie en plomb (de 2 volts), tout voltage excessif fera fondre la
bougie en quelques secondes. Comment y remédier ? En réglant l’intensité
à un niveau plus bas ou, dans le cas de la batterie en plomb, en
plaçant, entre la batterie et la bougie, un câble suffisamment long pour
provoquer une chute de tension d’un demi volt. Les autres raisons - peu
nombreuses- pour lesquelles une bougie peut fondre sont les suivantes :
surchauffe du moteur, tuyau d’échappement trop court, compression
excessive ou trop de nitrométhane, présence d’éléments étrangers dans le
moteur, ce qui arrive souvent avec les nouveaux moteurs. Dans le doute,
nous nettoierons avec soin, au méthanol, l’intérieur du moteur afin
d’éliminer les résidus métalliques. Ensuite, nous ferons de même avec
l’échappement. Les résidus en question peuvent être de petites limailles
de fer provenant de l’usinage du moteur, que l’on fera disparaître en
nettoyant l’intérieur de celui-ci avec du méthanol ou du carburant. Si
nous ne nettoyons pas le moteur et l’échappement, les restes de
filaments fondus risquent de pénétrer dans le premier à partir du
second, auquel cas le problème persistera. Des résidus métalliques
peuvent aussi apparaître en cas de frottement entre le coude et le pot
d’échappement. La séparation entre ces deux pièces doit être d’au moins
deux ou trois millimètres. |